Historique du captage de la Dhuys

Étymologies
Le mot Dhuys proviendrait du gaulois Dusius c'est-à-dire démon, qui serait une rivière divinisée. Il aurait donné ensuite le mot de la langue d'oïl duit ou dui, nom de source puissante. Ce mot désigne parfois une source à laquelle on lave  ou un petit lavoir, que l'on retrouve en oïl dans doiz, doit qui désigne un conduit d'eau, un canal. Enfin, par allitération, le mot aurait donné en vieux français le verbe dhuir qui signifie conduire, mener (Encyclopédie Larousse du XIXè siècle).
Ainsi, le ruisseau de la Dhuys  avec son étymologie porte un nom prédestiné puisqu’elle engendra un aqueduc ! Mais l'inspiration de Belgrand était ailleurs.
L'orthographe Dhuys que l'on peut rapprocher à la Dhuy, rivière du Loiret de même étymologie, désigne notre ruisseau ; alors que Dhuis dénomme le présent aqueduc (le « i » remplace le « y », évolution courante de la langue française).  Hélas, la tendance actuelle tend à utiliser les deux orthographes indifféremment.

La source
Situé à Corrobert, au nord-est de Montmirail (Marne), le ravin de la Dhuys est issu des terrains tertiaires lacustres situés au-dessous des marnes vertes de Montmartre, et qui s'étendent sur toute la surface de la Brie. Plusieurs rus le rejoignent et l’alimentent lors des pluies.
La Dhuys, affluent gauche du Surmelin, rejoint ce dernier à Condé-en-Brie pour se jeter dans la Marne à l’est de Mézy-Moulin.

L'aqueduc de la Dhuis en données originales
Le point de départ de l'aqueduc à Pargny-la-Dhuys (Aisne), est à 128 m d'altitude pour arriver à 108 m dans le réservoir de Ménilmontant (Paris). Sa longueur totale est de 131,162 km pour une pente de 0,10 m / km. Son débit moyen est de 22 000 m3 / jour.
Il franchit 21 vallées d'une profondeur comprise entre 20 et 73 m au moyen d'autant de siphons.
Le décret du 4 mars 1862 déclare l'utilité publique. Les travaux divisés en deux lots, commencèrent à la fin juin de 1863. L'eau put être introduite dans l'aqueduc le 2 août 1865 ! La distribution régulière commença le 1er octobre suivant.
L'aqueduc de la Dhuis a coûté 18 Millions de francs incluant l'achat des chutes des usines de la Dhuys et l'acquisition des sources et des usines du Surmelin. En 1889, la quantité d'eau distribuée annuellement s'élevait en moyenne à 66 millions de m3 pour un prix de 0,113 F / m3.

d'après Patrice CROISY © juillet 2006 (bibliographie de Meaux)